Les statuts de l’association
Nous voulons pour l’accompagnement de nos projets artistiques, sortir des pratiques et des représentations dominantes de la gestion associative, fondée sur des modèles hiérarchique descendant, et focalisée sur la figure du président.
Nous avons conçu un fonctionnement associatif plus proche de la réalité de nos expériences sociales et de nos aspirations, autour des formes de coopération et de dialogue, tout en répondant aux obligations légales, et aux exigences administratives.
Par un jeu de déplacement sémantique, nous avons cherché à re-signifier ces structures : à en restituer le sens et les enjeux, dans des termes qui nous soient compréhensibles et pragmatiques. Nous refusons de nous laisser intimider par le langage juridique.
Aux relations de pouvoir et de subordination, nous préférons porter notre attention sur les espaces et les temporalités de nos processus décisionnels. A l’image de la pyramide nous préférons celle de cercles et de cycles pour décrire notre fonctionnement associatif.
Nos statuts ne sont pas pensés comme une formalité, mais comme un mode d’emploi, un guide pratique : donner les outils de participation, de contrôle et d’autonomie au sein de l’association. Nous donner les moyens d’assurer notre consentement.
La gestion communautaire des projets artistiques
L’activité de l’association s’organise autour des grandes étapes de la gestion administrative des projets artistiques qu’elle accompagne :
- l’élaboration et la validation des budgets prévisionnels et leur ajustement tout au long de l’année l’année ;
- la mise en oeuvre, administrative et comptable, de ces décisions : paiements des salaires, achats de matériel, défraiements, signatures de contrats et conventions ;
- le contrôle comptable de cette activité, notamment par la réalisation des comptes de résultats une fois l’année terminée.
Les artistes et techniciennes engagés au sein de l’Assemblée constellée, disposent d’une grande autonomie pour la détermination et la conduite de leur projet artistique. Ces équipes préparent, avec le soutien et les ressources de l’association, les décisions budgétaires qui les concernent. Ces décisions sont validées par les gestionnaires de l’Assemblée constellée, au terme d’un dialogue destiné à en compléter l’élaboration et s’assurer de leur légalité.
Le processus décisionnel – ses lieux, ses temporalités et ses protagonistes – est clairement identifié pour permettre aux membres de l’Assemblée constellée, bénévoles et salarié.e.s de pouvoir s’en saisir et de participer aux prises de décision. Ses étapes sont réparties entre différents collectifs – des assemblées – dont la composition, les pouvoirs et le calendrier annuel des réunions sont déterminés en fonction des missions qui leur sont confiées.
- L’assemblée gestionnaire valide les budgets prévisionnels des projets artistiques portés par l’association, ainsi que leurs projets de recrutement et les décisions relatives à la gestion de leurs salarié.e.s. Elle nomme les membres de l’association, désigne, avec leur accord, leurs fonctions, et valide les nouveaux projets soutenus. Elle se réunit au moins tous les deux à trois mois.
- L’assemblée opérationnelle met en œuvre les décisions budgétaires qui ont été validées par l’assemblée gestionnaire : elle exécute par exemple, les paiement des salaires, l’achat de matériel, de transport ou de nourriture. Elle procède à la signature des contrats de travail et des conventions. Elle gère la comptabilité de l’association. Elle se réunit au moins tous les mois.
- L’assemblée générale contrôle l’activité de l’association : elle en valide les budgets prévisionnels et compte de résultats. Elle détermine les orientations de politique générale. Ses membres peuvent, tout au long de l’année, obtenir des informations sur la gestion de l’association et de ses projets et alerter sur toute situation nécessitant une attention collective. Elle se réunit au moins une fois par an.
- L’assemblée spéciale est réunie exceptionnellement, pour répondre à des situations de conflits, de souffrance ou de violence au travail. Elle dispose de moyens financiers pour la protection des membres de l’association et de ses salarié.e.s. Elle formule des recommandations à l’assemblée gestionnaire qui les valide. Ses travaux sont menés à la demande et dans un cadre de confidentialité.
- L’assemblée des salariées réunit l’ensemble des personnes qui sont, qui ont été, ou qui envisagent de devenir, salariées de l’association, engagées sur les différents projets artistiques qu’elle soutient. Son organisation est autonome. L’assemblée des salariées a été pensée comme un outil de construction de collectif et de dialogue social au sein de l’association.
- L’assemblée communautaire est un temps d’échange, de formation, de convivialité dont la programmation et la participation sont ouvertes à l’ensemble des membres de l’Assemblée constellée. C’est une opportunité de nous rencontrer, faire connaissance, construire entre nous, une communauté d’expérience, de compréhension et de considération. Elle se réunit au moins deux fois par an.
Nous voulons, au travers du travail que nous menons dans ces assemblées, réduire la distance entre les activités artistiques, techniques et administratives, parce que nous comprenons qu’elles participent toutes au processus de création et que cette partition des rôles et des fonctions est souvent le lieux des reproductions d’oppression : classistes, validistes, sexistes, transphobes, homophobes, et racistes. Pour n’en citer que quelques-unes.
Nous avons voulu créer entre nous, du temps et de l’espace, pour adresser ces sujets qu’aucune déclaration de principe ne viendra jamais résoudre. Les statuts sont des utopies : ces assemblées ressemblent à ce que nous en faisons.
